May 282020
 

Florence Marcotte

UQAM


  12 Responses to “La norme de prononciation au Québec : de parisienne à québécoise?”

  1. Merci de votre intérêt pour cette étude!
    Si vous avez des questions, je vous invite à les écrire en commentaire et j’y répondrai avec plaisir.

    Thank you for your interest in this study!
    If you have any questions, please write them as comments, and I’ll be happy to answer them.

    Florence Marcotte

  2. Merci beaucoup de votre étude que je trouve très intéressante même si elle est limitée par le nombre de participants faible. Il pourrait être intéressant de demander à la lectrice de 2019 comment elle perçoit son propre accent (québécois typique/fort/faible/moyen/neutre, etc.) et aussi lui demander sa réaction à l’écoute de la lectrice de 1970 pour voir quels points sont les plus remarquables pour elle en terme d’évolution.

    • Merci pour votre commentaire! En effet, j’aurais aimé avoir plus de participants en 2019, mais il était difficile d’en trouver qui répondaient à l’ensemble de mes critères. Toutefois, l’enregistrement de 1970 est le seul disponible de cette époque. D’ailleurs, un de mes critères de sélection non mentionnés pour les participants de 2019 était le fait de ne pas avoir écouté au cours des cinq dernières années le vidéo de Michèle Lalonde de 1970 (qui est plutôt populaire dans le domaine de la poésie au Québec), afin de ne pas être influencé par la prononciation de la lectrice de 1970. Pour ce qui est de la perception de la lectrice de 2019, c’est une excellente idée! Je pourrais l’ajouter à ma discussion.

  3. Je n’ai pas de question, bon travail. Il serait intéressant de voir ce qu’il en est des autres variantes associées à cette variété.

    • Merci! Oui, en effet, d’autres études se sont penchées, entre autres, sur la distinction entre /a/ et /ɑ/ et la réalisation de /ɛ̃/ en [ẽ] et de /ɑ̃/ en [ã]. Je n’ai malheureusement pas eu le temps pour l’instant de m’y pencher.

  4. Pour les valeurs de formants, avez-vous appliqué une forme de normalisation?

    Affiche très intéressante! J’aimerais en savoir plus quant aux liens entre les résultats et l’introduction – Qu’est-ce que la recherche implique quant à l’utilisation de la norme? De la vision de la langue québécoise vs. parisienne au Québec/Canada, etc.?

    Félicitations pour le travail!

    • Merci pour tes questions!

      En fait, pour la valeur des formants, j’ai fait la segmentation manuellement à l’aide de Praat pour chaque voyelle à l’étude, et j’ai pris la valeur de F1 au milieu de chacune de ces voyelles.

      Ce qu’on peut conclure des résultats de mon étude et des quelques autres études sur le sujet, c’est qu’il y a 50 ans, les locuteurs avaient tendance à suivre les recommandations des instances linguistiques, et ils utilisaient la norme de prononciation parisienne dans un contexte formel. Or, malgré que ces recommandations n’aient pas vraiment bougé depuis 50 ans, l’usage semble, lui, s’en être éloigné. De plus en plus de gens en contexte formel (ici dans la lecture de poème, dans d’autres études, dans la lecture de nouvelles à la télévision) utilisent la norme québécoise. Donc, je crois que les instances n’auront pas le choix de revoir leurs recommandations, qui semblent ne plus correspondre à la réalité. Je pense que ce serait une belle avancée pour le statut du français québécois.

  5. Beau travail, bravo!

  6. Bravo ! C’est un beau travail. J’ai deux questions.

    (a) Pourriez-vous donner plus de renseignements au sujet des deux locutrices (profession, scolarité, etc) ; pourquoi parler de «norme» dans leurs cas ?

    (b) Pourquoi est-ce que la durée des affriquées [ts] et [dz] est plus longue en 2019 qu’en 1970 ? Y aurait-il un lien avec la durée de la voyelle qui suit?

    • Merci!

      a) La locutrice de 1970 est l’auteure du poème, Michèle Lalonde. Il s’agit du seul enregistrement disponible de l’époque. Comme je n’ai pas pu avoir de critère de sélection pour cette lectrice, j’ai choisi une lectrice en 2019 avec le profil le plus similaire possible afin de limiter le plus possible les différences qui seraient dues à d’autres facteurs que l’évolution de la norme de prononciation. Michèle Lalonde est poète et écrivaine et est née et a grandi à Montréal. Elle était âgée de 32 ans à l’époque de l’enregistrement et elle a effectué des études universitaires de premier cycle. J’ai donc recruté une participante qui est née et a grandi à Montréal, âgée de 25 ans et ayant également effectué des études universitaires de premier cycle en littérature. De plus, cette participante de 2019 prend part régulièrement à des soirées de poésie où elle présente ces propres poèmes, ce qui la rend familière avec la norme de prononciation utilisée aujourd’hui dans ce genre de rencontres. Je considère que, dans les deux cas, les lectrices utilisaient la norme de prononciation puisqu’elles lisaient le poème devant public dans un contexte formel. Toutefois, il est à noter que l’enregistrement de 2019 n’a pas été fait devant public, mais que la participante avait reçu les consignes de se pratiquer pour l’enregistrement et de lire le poème comme si elle le lisait lors d’une des soirées de poésie auxquelles elle participe.

      b) La durée des consonnes affriquées peut en effet être influencée par la voyelle qui suit. Or, comme les deux lectrices lisent le même poème, ces voyelles sont identiques dans les deux cas. Donc, la différence de durée entre 1970 et 2019 ne peut pas être expliquée par le contexte vocalique. L’explication que j’offre ici serait que cette différence serait le résultat d’une prononciation plus marquée de l’affrication en 2019. En fait, plus la consonne affriquée est longue, plus l’affrication est marquée. Je suppose donc que la prononciation plus marquée de l’affrication en 2019 reflète un tabou moins grand de l’affrication, ce qui laisse penser que celle-ci est entrée officiellement dans l’usage en contexte formel.

      J’espère avoir bien répondu à vos questions :)

      • Merci.

        Une suggestion : mesurer la durée des voyelles ou des semi-voyelles qui suivent les deux consonnes affriquées. Il y a peut-être un jeu de rythme ici. Je me demanderais aussi si l’intensité des fricatives (dans [ts, dz]) a changé.

        Bonne chance !

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